10/09/2009 > Interview > Franck COPPOLA : Atour d' "Hexaglobe"
Nous avons rencontré Franck COPPOLA (SCIA 2002), ancien élève d'EPITA et aujourd'hui entrepreneur d'Hexaglobe. Il nous explique comment et pourquoi il a choisi de créer sa société et sur quelles atouts reposent la réussite de cette dernière.
1) Vous avez crée votre entreprise en 2004, En quoi consiste votre activité ? Qu'est ce qui vous as poussé à créer votre société.
A force de rencontrer de nombreux acteurs dans le domaine des télécommunications, j'ai constaté qu'une demande soutenue existait dans ce domaine et que de nombreux services étaient encore à inventer. Hexaglobe a donc démarré en 2004 une activité de services dans le domaine des télécommunications.
Au fur et à mesure et principalement par un effet de bouche à oreilles, nos clients se sont concentrés dans le secteur des médias .
Nous avons alors décidé de recentrer nos activités afin de répondre au mieux à leurs besoins. Nous avons beaucoup investi dans la recherche et le développement et avons participé à des projets européens comme Axmedis (Automating production of cross media for multichannel distribution) et nationaux comme Sebastian 2 visant à créer des outils pour la post-production (finançé par le département de Paris et le fonds unique interministériel sous l'égide de Cap Digital).
En termes de médias, nous travaillons entre autre pour les acteurs suivants : Apple, Pathé, Endemol, Mondomix, Viadeo, Vivendi Games ou Jamespot.
2) En quelques mots, pouvez-vous rappeler les services que vous proposez ?
Nous avons créés une suite logicielle, vendue également sous forme de service qui couvre l'ensemble du cycle de vie d'un média : aide à la création du contenu (outils de suivi pour la production), solutions d'encodage multi-canal, solutions de diffusion sur Internet (streaming, cdn), de gestion des droits d'auteurs, de gestion de contenu (DAM, CRM) et de valorisation du contenu (intégration avec des solutions de payement et de publicité). Le tout, administré depuis une interface unique.
Pour donner quelques chiffres, notre solution diffuse chaque mois plus de 2 milliards de vidéos pour une audience de plus de 300 millions de visiteurs uniques par mois. Selon l'outil de mesure Alexa, notre solution est utilisé sur 1 site parmi les 80 plus consultés mondialement, 1 autre dans les 150 premiers et 2 autres dans les 500 premiers.
L'installation et la gestion de cette suite logicielle sur des sites de vidéo en ligne à très forte audience nous a donné une autre compétence : Celle de l'infogérance de sites à fort traffic. Avec de tels chiffres, nous savons ce que monter en charge veut dire, à la fois en terme de matériel et de logiciels, mais aussi en termes de maîtrise des coûts. Cette capacité a accompagner la montée en charges de nos clients a une vrai valeur sur le marché et elle ne concerne pas que les médias.
3) Lors de la création de votre entreprise avez-vous été « accompagné », conseillé ?
Non pas vraiment au début. Mais nous avons rapidement croisé des partenaires, clients et fournisseurs ayant vécu la même aventure quelques années ou quelques mois plus tôt et qui ont pu nous apporter des conseils avisés et nécéssaires. Je pense entre autres à l'association Sillicon Sentier.
4) Hexaglobe a rejoint le projet Sebastian 2, en quoi consiste t-il ?
Sebastian 2 consiste à développer un ensemble d'outils et de technologies pour le monde de la post-production audiovisuelle. Lors de la réalisation d'un film ou d'une publicité, la phase de post-production est en effet particulièrement coûteuse parce qu'elle fait intervenir des centaines de sous-traitants souvent répartis sur l'ensemble du globe. Le but de Sebastian 2 est d'industrialiser tout cela. Il y a un aspect Telecom avec la mise en place d'un transport à très haut débit entre Paris et San Francisco, mais aussi d'importants aspects logiciels avec la création d'outils de travail collaboratifs spécifiques à ce métier. C'est un projet très intéréssant pour nous car cela nous permet de compléter notre connaissance du secteur des médias et d'aborder ainsi la création de contenus.
5) Avez-vous eu des retombées pour un ou plusieurs de vos projets ?
Le projet Sebastian est effectivement sur le point de nous apporter sa premiére retombée technologique. Nous disposons maintenant une technologie nous permettant de modifier des vidéos afin de les rendre interactives, par exemple, rendre cliquable les habits d'un des personnages.
Ceci va nous permettre d'offrir un nouvel outil publicitaire et marketing à nos clients qui pourront par exemple organiser des chasses au trésor en vidéo ou mettre en scènes leurs produits au sein d'une vidéo sur un site de e-commerce. En ne perdant jamais de vue que le but est de convertir cela en achat.
6) Aujourd’hui quelle est votre actualité et quelles sont vos ambitions pour votre activité ?
Nous avons déja une solution technique qui a fait ses preuves dans le sens ou elle est utilisée par de très gros acteurs. Bien sur, le monde évolue et il faut sans cesse rester à la pointe. Mais notre vrai challenge est maintenant de nous créer un nom sur la scène internationale et de démocratiser l'usage de notre plateforme.
Pour cela, notre société se développe sur deux axes. D'un coté le marketing et la communication qui doivent maintenant devenir un vrai relai pour faire connaître nos produits. De l'autre nous investissons à fond en R&D autour du "cloud-computing" car nous souhaitons offrir une version SaaS de notre solution logicielle dont le but va être de faciliter son utilisation sur des projets de petite taille, tout en diminuant pour tous les acteurs, les coûts d'exploitation.
Enfin, nous comptons tenter de lever des fonds pour parfaire notre développement international et ce, dès que les conditions de marché seront redevenues plus favorables.
7) Dans un climat économique morose, comment se comporte les secteurs des télécommunications et des médias ?
La crise à beaucoup affecté le budget publicitaire des grands groupes, notamment dans l'automobile ce qui tend à affecter l'intégralité du secteur des médias. Celui-ci est de plus particulièrement affecté par l'arrivée des technologies numériques qui en 10 ans l'ont complétement bouleversé.
Mais ceci étant dit, ces changements importants sont porteurs d'opportunités car après une phase de doute, les principaux acteurs commencent à se jeter à l'eau et mettent internet au centre de leur stratégie la ou ce n'était auparavant que quelque chose d'accessoire dont on parlait surtout pour se plaindre du piratage. Nos solutions sont une réponse à de nombreux problèmes rencontrés par cette industrie et nous continuons donc à croitre en 2009.
De plus, Hexaglobe a été autofinançée depuis sa création en 2004 et n'a pas eu recours à l'endettement ou à l'entrée d'investisseurs pour financer son développement. Nous avons en effet toujours considéré qu'une entreprise doit être forte et faire ses preuves avant de lever des fonds. Aujourd'hui, nous ne regrettons pas nos choix car ils nous assurent une véritable stabilité en cette période de crise.
8) Qu’est-ce que vous recommandez aux personnes porteuses d’un projet innovant ?
Je leur conseillerai de bien vérifier avant qu'il existe une demande réelle et solvable pour leur projet, de rencontrer des professionels dans ce secteur pour bien confronter l'idée et la réalité. Ce qui permettra le plus souvent d'affiner le projet.
Ensuite et tout au moins au début, se concentrer sur des choses simples, facilement finançables en ne perdant jamais de vue qu'une entreprise doit être rentable. Il sera ensuite temps d'investir dans la R&D lorsque les premiers retours clients auront permis de mettre en lumière des besoins concrêts. Mais bien entendu chaque projet est spécifique ! Et dans certains cas, il faudra bien évaluer toutes les possibilités de financement (VC, Oseo, ...).
Enfin, le marché ne va pas forcément dans le sens que l'on souhaite ou que l'on prévoit au départ. Il faut donc être flexible et saisir les opportunités. Le fait dans notre cas de commencer par une activité de services nous as permis de bien comprendre le secteur des nouveaux médias et de pouvoir apporter des réponses pertinentes à des problèmes très concrêts pour nos clients. Si nous avions développé le produit « from scratch » sans avoir cette expérience, nous aurions probablement abouti à un résultat nettement moins intéréssant.
9) Quels profils recrutez-vous aujourd'hui ?
Concernant les ingénieurs, nous recherchons avant tout des profils ayant une très forte expertise scientifique et technique et disposant d'une grande curiosité intelectuelle.
Nous aprécions particulierement les personnes intéressés par le logiciel libre; elles ont la plupart du temps une meilleure manière d'apréhender les solutions techniques.
Nous recrutons également un commercial qui effectuera certainement de nombreux voyages à l'étranger.
Nous sommes également toujours ouvert à des partenariats commerciaux !
10/09/2009 > Interview > Pascal ALT : Un parcours hors du commun...
Interview Pascal ALT, le 4 septembre 2009
Comment vous est venue l’idée de réaliser un raid ?
Bon dans votre question il y a deux choses : l’idée et la réalisation. L’idée si on peut dire m’est venue spontanément le 16 avril 1999 dans un moment de détresse alors que l’on avait tenté une seconde greffe de moelle osseuse pour ma fille Marise atteinte de leucémie aigüe et qu’elle se trouvait dans un état très préoccupantje m’étais dit « ..si jamais elle s’en sort j’irais à Lourdes en vélo… ». Après le temps est passé et j’ai vraiment été très occupé avec elle à cause des nombreux effets secondaires et aussi avec ses deux sœurs Cécile et Mathilde trois ou quatre années encore. Cécile avait donnée sa moëlle osseuse à 8 mois pour une première greffe elle était la seule compatible HLA de la famille sans elle il n’y aurait pas eu de deuxième chance pour Marise car c’est très complexe : il y a des « fenêtres de tirs » pour les traitements on ne peut pas exposer un corps d’enfant aux rayons à n’importe quel âge sans risquer des séquelles graves. Après j’ai rencontré Agnès (j’étais divorcé avec 3 enfants une semaine sur deux…) et on a pu re-construire la famille.
Pour vraiment passer à la réalisation de ce Raid il fallait être deux. C’est important quand votre conjoint est à 100% avec vous sur un projet parce que ça vous libère et que vous êtes vraiment disponible pour le réaliser.
C’est elle qui m’a aidé à « accoucher » ce projet. Ca avait du sens aussi pour elle de tracer physiquement ce chemin de l’hôpital Robert Debré à Lourdes.
De quelle manière avez-vous déterminé les étapes ? Comment vous êtes vous préparé ?
Un soir j’ai tracé un trait rectiligne au crayon de Paris à Lourdes sur une grande carte de France Michelin. Puis j’ai reperé les ponts sur les fleuves et rivières à traverser et les autoroutes et nationales que je ne pouvais emprunter. J’ai ensuite entré un par un les tronçons d’une longueur moyenne de 100 Km sous Google Maps avec deux règles : les trajets les plus longs au début afin de contre-balancer la fatigue et le relief sur la longueur de la distance et déterminer des points de chûtes potentiels (amis, gîtes, hotels..) dans un rayon de 20KM autour de l’arrivée de chaque étape. Après j’ai zoomé chaque étape en particulier la sortie de Paris afin de connaitre l’itinéraire. Puis Agnès m’a offert le GPS sur lequel j’ai transféré le trajet en mémoire avec les cartes correspondantes. Dons pas de bouquins de cartes avec moi. Juste une carte de France plastifiée et le GPS. Ensuite il y a les réservations (gîtes/hotels) ; les contacts auprès des mairies, la presse..etc.. ; c’est fastidieux. Agnès a pris tout cela en charge.
La préparation de l’itinéraire est longue et minutieuse. A mon avis il faut la commencer en même temps que l’entrainement physique.
J’ai commencé l’entrainement le 4 mars au soir avec un VTC : 25 Km. Je suis revenu extenué persuadé que c’était un rêve utopique, alors j’ai recommencé le lendemain. Il pleuvait et j’avais mal partout. Le lundi suivant j’ai remis ça et c’était un peu mieux. Le corps s’adapte. Après ça a été empirique par paliers. Puis quand j’ai commencé à faire de longs trajets (80/110 km) en une matinée je me suis dit qu’il fallait maintenant concrétiser et acheter un vélo adapté et tout ce qui va avec (bagageris, tenues…). Il y avait trois points importants : la masse du vélo : moins de 9 Kg c’était bien, les plateaux et les pignons (casette) : 30 vitesses pour traverser la France et la bagagerie avec sa question corrollaire : qu’est ce que j’emporte avec moi ? sachant qu’Agnès me suivrait à ½ journée derrière en voiture et que l’on se retrouverait le soir. Chaque objet était pesé (pull, maillots, pantalon..etc…) avec une véritable obsession de recherche du poids minimum. En juin je faisais 250 Km/semaine et c’était une vraie prouesse compte tenu de mon emploi du temps.
Vous soutenez l’association « cent pour sang la vie », pourquoi l’avoir choisie ?
C’est affectif et historique. Cent pour Sang la Vie a été créée par le Pr Etienne Vilmer chef du service d’Hémato-Immunologie de l’hôpital Robert-Debré à Paris où a été soignée ma fille. Historiquement il faut rappeller que la présence puis le développement d’Associations dont l’objectif est de soutenir la Recherche médicale et de contribuer à aider les patients malades et leur famille en particulier en Pédiatrie relève d’une lente évolution. Cela n’allait pas de soi que des parents ou d’anciens malades, des bénévoles s’installent peu à peu dans le paysage hospitalier Français et y prennent pieds de plus en plus près des enfants et des soignants. En dehors de quelques Associations « dinosaures » comme l’ARC. Il n’y a pas si longtemps un papa ou une maman de pouvait pas rester dormir à coté de son enfant à l’hôpital. Il y avait des heures de « visite » un peu comme chez les PTT d’avant…. Pas de « maison des parents » non plus. C’est très Français : les corps des grandes écoles d’Ingénieurs ou de Commerce, les Professeurs-médecins mandarins suivis de leur cohorte d’internes, les Traders, les Juges…Ce qui en découle c’est une certaine « distance » entre chaque « corporation » etles personnes qui n’en sont pas issues. De fait en Médecine cela prenait un caractère peut-être davantage solannel du fait de la compléxité de la communication et du temps à lui accorder et sans doute de l’aspect scientifique de la discipline et à l’angoisse derrière. En fait cette manière d’être était inhérente à la formation. En Pédiatrie les sujets comme l’éthique, l’évaluation et le traitement de la douleur,les soins palliatifs ou la fin de vie n’étaient pas suffisemment abordés. Dans les années 80, de nouveaux profils de médecins sont sortis des Facultés : plus « abordables, plus humains », moins Mandarins. Sans doute aussi parce que beaucoup de choses évoluent dans nos sociétés sur le plan des mentalités. Il y a un large brassage. Et puis il y a eu à partir de ces années là de formidables avancées en particulier en Hématologie. J’ai connu deux médecins-chercheurs d’exception : Michel Duval et Pierre Rohrlich. Des hommes vraiment remarquables.
Pouvez-vous nous la présenter brièvement ?
L’association « Cent pour Sang la Vie » créée fin 2000 présente l’originalité d’avoir proposé de fédérer les centaines d’associations qui composent le paysage parfois douloureux de l’accompagnement des soins pédiatriques en France. Bien souvent une association est née de la maladie d’un enfant par un « réflexe » de solidarité et il y a eu des milliers d’enfants atteints de cancer en France…comme objectif central de ces associations on retrouve toujours l’amélioration des conditions de vie d’un enfant à l’hôpital et la nécessité de faire connaître la maladie et de solliciter aux dons de moelle osseuse, de plaquettes ou de sang. Parfois des enfants sont décédés parce que l’un ou plusieurs de ces éléments n’étaient pas disponibles au moment où il le fallait.
L’autre axe important c’est que cette association créée par un professeur est venue directement à la rencontre des parents pour faire partie du bureau.
Quel a t-elle eu durant cette aventure?
L’association « Cent pour Sang la Vie » a été la structure, le support auquel je me suis adossé pour ce raid : je courrais pour elle pour les raisons évoquées plus haut.
C’est un engagement hors du commun, avez-vous eu peur de lâcher prise à certaines étapes ?
Non.
Une fois parti non, j’aurais mis plus de temps mais je n’aurais jamais lâché prise. J’avais trop de gamins dans le cœur et la tête. J’avais leur visage, leur prénom et leur histoire, je ne pouvais pas leur faire ça. C’était pour eux et pour leurs parents que je roulais. Et puis il fallait coûte que coûte que le dernier mot reste à l’Espérance. Quand on est passé par ce type d’expérience ça se grave en vous, vous avez accès à des choses très belles extrêmements profondes enfouies au cœur de la nature Humaine. En fait le type de vie que l’on mène ici maintenant oriente vers trop de superficiel. Récemment le médecin qui suit ma fille l’a exprimé ainsi : « ..lorsque l’on est médecin en Afrique on travaille vraiment et toute les choses qui nous pourissent la vie ici n’existent pas là bas ». La première étape (140 Km) et surtout la dernière (167 Km) ont été dures pour des raisons différentes.
Quel était votre état d’esprit lors de ce parcours ?
Il a évolué durant le parcours. Au début j’étais assez tendu très concentré, j’avais compté les Kms, étudié un tracé durant des semaines et des heures : chaque virage, chaque route, chaque croisement j’avais tout calculé au plus juste pour m’économiser avec Google Maps, les cartes papiers mais aussi avec le superbe GPS GARMIN Edge 705 offert par ma femme Agnès. En même temps je me sentais « porté » par l’ampleur de la « tâche » à accomplir et surtout par sa nature symbolique. C’était aussi essentiel que mon ami Thierry Dretzen m’accompagne sur les deux premières étapes parce que cela m’a sécurisé, m’a mis en cadence. On pouvait parler. C’est chouette qu’il l’ait fait parce que, il me l’a dit après : « je vois pas qui d’autre aurait pu t’accompagner dans un truc pareil.. ». Lorsque j’ai traversé la Loire je me suis senti libéré, j’ai pris vraiment confiance parce que déjà c’était bien visible sur la carte 24H00 après mon départ et je ne me sentais pas fatigué. Peu à peu le paysage influe sur vous, il y a des moments de réels communion avec la Nature vous êtes en symbiose avec ces immensités cela fait travailler votre esprit autrement, ça « laboure », « bêche » des zones neuronales et produit des associations mentales entre passé et présent : des souvenirs certains douloureux réapparaissent sous forme d’images, de phrases ou de chansons et se mêlent avec l’instant présent. En fait c’est comme si ils s’accomplissaient, trouvaient un aboutissement là maintenant : « …tu te souviens quand elle avait rechûtée que le médecin te disait on va tenter peut-être ceci ou cela avec votre accord écrit… », et puis voilà je suis là à pédaler je traverse la Dordogne et Marise se baigne en ce moment dans une eau à 26°C là bas en Méditerrannée, elle vient de m’apeller. Et là c’est très violent, vous avez envue d’hurler « Merci ! ». D’ailleurs je l’ai fait. J’ai dû réveiller quelques vaches ou moutons…
Et puis il y a d’autre chose encore plus forte mais c’est perso je suis devenu plutôt mystique, enfin je devais l’être depuis le début.
Quelle conclusion en tirez-vous ?
Plusieurs :
D’abord on a vraiment un très très beau pays : varié, c’est quelque chose que je garderai en moi toute ma vie. Les paysages. Les routes aussi sont belles pour l’essentiel et ça aide. La richesse des rencontres faites sur le trajet dans les villes avec les élus et les hommes et les femmes et aussi des prêtres et religieux rencontrés sur la route et qui m’ont invité à témoigner simplement. Ca c’est le premier « cadeau ». Le second c’est un soir arrivé un peu fatigué à Bellac dans la Haute Vienne mon smartphone bip : j’avais un courriel. C’était un papa à Robert-Debré dont le fils atteint de Leucémie était en soins depuis février et qui me disait merci de donner de l’Espoir ainsi. Là j’ai senti que c’était vraiment utile.
Et puis le dernier soir de la dernière étape : j’avais prolongé mon étape dépasssant Tarbes (Madame le Maire ne m’en a pas voulu) c’était la tempête et il faisait froid, j’avais un très fort vent de face depuis Nérac, d’abord Sud/Ouest puis il s’est calé plein Sud en rafales. Les routes étaient jonchées de débris et de branches. Par moment dans la pleine de Tarbes (N21) mon compteur affichait 8 Km/H. J’en ai bavé. Ça grimpait aussi pas mal sur les contreforts et j’étais fatigué. Mais je pouvais pas lâcher. Je suis arrivé sous la grêle à Lourdes vers 20H15. La ville était déserte, Agnès nous avait trouvé en catastrophe un hotel. J’étais heureux d’avoir réussi mais Il manquait quand même quelque chose. Et puis Agnès a eu au téléphone une dame qui s’occupait de la paroisse rentrée en retard car à cette heure là il n’y avait normalement plus personne. Agnès lui a raconté et cette dame visiblement émue, a proposé que l’on vienne témoigner à l’église. J’étais pas trop chaud à cause de la fatigue mais aussi des aspects « traditionnaliste » du milieu parfois et surtout ces derniers temps. Mais on y a été quand même j’ai raconté ce que j’avais traversé avec ma fille, pour elle et le pourquoi de ce raid. Il devait y avoir une centaine de personne dans l’église paroissiale de Lourdes venue assister à une veillée sur les apparitions. A la fin ils se sont tous levés pour applaudir. C’était vrai dans leur regard et ça m’a touché. Il faut faire confiance à la vie et aux gens.
Le troisième cadeau c’est ma fille. Depuis des années elle se tenait en retrait à cause de tout ce qu’elle a traversée : difficile pour elle de parler du passé, pas passé. Maintenant elle se promène souvent avec son T-Shirt « Cent pour Sang la Vie – Raid Paris Lourdes »…et le porte lorsqu’elle va à l’hôpital. Elle est devenue une vedette !
Comptez-vous renouveler une telle expérience ?
Ca, ça se pourrait bien.
Quel conseil pourriez-vous donner à celui ou celle qui souhaiterait se lancer un tel défi ?
Y croire et bien se préparer. Il y a tout ce qu’il faut dans des tas de boutiques spécialisées avec vraiment du beau matériel mais il faut un point d’entrée honnête. Pour les conseils et choix de vélo, je recommande vraiment « culture Vélo » à Orgeval (Christian Javary). Et puis il faut être entouré parce que le moral fluctue beaucoup pendant la préparation. Une fois que vous êtes parti c’est bon, mais avant c’est parfois difficile. Moi heureusement j’avais Agnès mon « Coach personnel » sans elle je l’aurai pas fait.
Et puis il y a les courriels des gens qui vous touchent : des amis, des voisins. J’en ai reçu un très beau de Madame Stéphanie Fugain.
Pour clôturer cet entretien pouvez-vous nous dire quelques mots sur votreparcours professionnel ?
Hé bien je suis sorti de l’école fin décembre 89 option système et réseaux, j’ai été aussitôt recruté par Séma-Group grosse SSII d’alors juste après Cap Gemini qui existe toujours. J’ai travaillé sur de grands projets de télécom comme ingénieur d’études chez Thomson. Puis DCN Paris où sous la direction de l’Ingénieur Général de l’Armement Moutet, j’ai eu en charge les tests de qualification de l’embarquement du Rafale Marine sur le porte-Avions Charles de Gaulle. Le projet et mon patron étaient remarquables. A ce jour je crois bien que c’est pratiquement l’une des seules fois où j’ai eu un responsable qui « couvrait » ses équipes et qui bien que salarié d’un ministère osait dire tout haut ce qu’il pensait sans se soucier de sa notation. Il trouvait irresponsable de la part de nos politiques de n’avoir jamais engagé la construction d’un second porte-avions et le disait et l’écrivait. En effet compte tenu des périodes d’Iper (Indisponibilités Pour Entretien et Réparations) il faut nécessairement deux porte-avions pour en avoir toujours un opérationnel. C’était deux ou rien mais pas un !
J’ai ensuite participé au démarrage d’une Start-up au tout début de la dérégulation des télécoms avec Olivier de Puymorin, homme d’affaires averti et original de la capitale dont j’ai aussi beaucoup appris. On avait mis au point avec la maison mèrede New-York bien avant Free et France Télécom une « box » qui identifiait le digit « 19 » d’une communication et redirigeait le trafic vers notre réseau et ses 192 pop. En plus on a remplacé les LS très onéreuses par du frame relay plus souple (CIR/EIR) et tout aussi performant mais plus économique.
En 97 j’ai rejoint France Télécom qui entamait sa grande mue. Mon Patron d’alors André Chazel avait pour principale mission le regroupement des datacenters régionaux (52 régions alors) en 7 nationaux en trois ans. Il m’a confié la partie réseaux LAN et WAN. Il fallait rendre inter-opérables des systèmes et plates-formes de différentes technologies qui n’avaient pas été prévu pour « parler ensemble » (Plates-formes OLA, Mobicarte…) avec les applications du Corporate, du billing et du Customer Care (Orchidée…). Heureusement il y avait IP…
En 2000, j’ai rejoint le département Ingéniérie auquel le « Père du Minitel », Jean-Paul Maury avait confié une étude transverse destinée à mesurer la qualité de service du SI interne. Nous avons élaboré une solution innovante à base d’agents intelligents déposés sur les postes de travail et complétés par un dispositif de robots. Le SI était dés lors sous monitoring et le client en son « cœur ».
En 2003, France Télécom s’est lancée dans la TV sur ADSL via la Livebox. Nous étions quelques-uns à nous atteler autour des mesures de Qualité de Services (Pesq, MOS..) et surtout à rechercher une infrastructure fiable et efficace pour le meilleur service aux résidentiels. La solution fûtprimée à la soiréede l’Innovation en juin 2006.
Date à laquelle j’ai rejoins la toute nouvelle entité « Orange Business Services » en charge du business de nos clients entreprises.
Merci d’avoir pris le temps de cette écoute.
Pascal Alt.
04/11/2010 > Mariage > Mariage de Xin Xu et Franck Coppola
Félicitations aux mariés!!! Tous nos voeux de bonheur vous accompagnent!
25/11/2009 > Mariage > mariage de Florence et Rémi MASSON (SIGL 2002)
Rémi MASSON (SIGL 2002) souhaite vous faire part de son mariage avec la belle Florence qui a eu lieu le 5 septembre 2009.
Tous nos meilleurs voeux !
23/02/2009 > Mariage > Mariage de Laurie Cenedese et Vincent Hobeïka (scia 2006)
Vincent HOBEIKA (scia 2006) souhaite vous faire part de son mariage avec la belle Laurie qui a eu lieu le 14 février 2009.
Mr Pham et sa femme sont heureux de vous annoncer leur mariage qui a eu lieu le 28/07/2008 à la mairie d'Antony.
Tous nos voeux de bonheur et félicitation!
18/09/2008 > Mariage > Amélie Griffon du Bellay et Alexandre Beaugy (PROMO 2004 GISTR)
Tous nos voeux de bonheur aux jeunes mariés.La cérémonie a eu lieu le 23/08/2008 à l'Eglise de Saint-Menoux.
Félicitation
15/09/2008 > Mariage > Mlle Pierrelée Marie Laure et M. Dias De Almeida Vincent
Mlle Pierrelée Marie Laure (SIGL 2006) et M. Dias De Almeida Vincent (SCIA 2006) ont la joie de vous annoncer leur mariage qui aura lieu le 20 Septembre 2008. Félicitations à nos futurs mariés!